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L'Heureux
Stratagème
de Marivaux |
Création
le 10 mai 1994
au Théâtre Municipal de Nevers Reprise : Festival d'Avignon (Théâtre du Balcon), à l'Étoile du Nord - Paris, puis à la Comédie des Champs-Élysées - Paris. |
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200 représentations |
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Écrite
en 1773, la même année que "Le Petit Maître corrigé",
la pièce est bâtie selon la formule complexe du chassé-croisé.
Ici, Marivaux dissèque le coeur d'une jeune Comtesse,
en mettant à nu tous les rouages de ses passions et des ses propres
contradictions.Elle aime Dorante, mais aussi le Chevalier ; et si elle n'aimait le Chevalier que pour mieux aimer Dorante ? Mais en fait, aime-t-elle réellement le Chevalier ? Et Dorante, alors ? Sous prétexte qu'elle est femme (au nom de l'infidélité revendiquée), elle se coupe elle-même des élans naturels de son coeur, au profit d'un code amoureux qu'elle a instauré, sans voir que le bonheur est là , sous ses yeux. Le stratagème réuèssira-t-il ou non ? Marivaux joue avec nos nerfs... |
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| PRESSE | ||
| Une
divine surprise LE FIGARO - 31 janvier 1995 |
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Il
y a, dans certaines interprétations de Marivaux, une sorte de badinage
poli et glacé qui se dévoie en philosophie de salon, en esthétique
de jardin : ces jeux de marbre, ces subtiles prouesses scénographiques
(où se lit, au poids, le montant de la subvention), nuisent à
la vérité des sentiments. Ici, au contraire, tout s'émeut,
tout s'éclaire, tout s'anime, avec fraîcheur et sincérité,
d'une note aventureuse, actuelle, spontanée. Quelle aubaine ! Dans
un décor modeste, en carton, qui favorise les entrées et les
sorties des comédiens, la mise en scène de JeanLuc Revol allie
la précision, la justesse, la clarté. Il y a un je-ne-sais-quoi
d'immédiat, de contemporain, une sorte de vigueur déboutonnée,
dans ce travail, qui devrait gagner le public le plus juvénile. On
se croirait dans un conte à la Rohmer : les complications du cur
s'allègent, se simplifient, dans un scénario où les
adolescents d'aujourd'hui sont presque surpris de se reconnaître.
On notera que la compagnie de Jean-Luc Revol s'appelle le Théâtre
du Caramel Fou, ce qui ne serait jamais venu à l'esprit de Robert
Manuel en son temps.Tous ces jeunes comédiens, doués d'une belle énergie, nous transmettent leur pur plaisir de jouer. Jean-Luc Revol lui-même compose un Frontin noir et patibulaire, agent double plutôt que valet. L'Arlequin de José Pereira penche du côté de Gaston Lagaffe. Un seul reproche : Frank Jazède, qui contrefait sans nuances l'accent gascon, manque de grâce dans le Chevalier. Sans vouloir semer la zizanie, ce sont surtout les filles qui nous ébranlent et suscitent le plus d'émotion. Nathalie Hugon dans la Comtesse et Judith Elzein dans la Marquise opposent à leurs sigisbées de subtiles froideurs et des sévérités qui vous glacent. Puis, elles évoluent, tour à tour vulnérables, jalouses ou perfides. Nathalie Hugon est bouleversante dans sa crise de nerfs contenue à l'acte III. Quant à Marina Fois, charmante et naïve Lisette, avec sa diction qui s'étrangle au bord du hoquet, du sanglot, elle est sans doute la plus proche de cette stupeur d'enfance, de ce présent pur qui est dans la langue même de Marivaux elle est craquante. Quelle pièce ! Personne, sans doute, ni Flaubert, ni Henry James, n'est allé aussi loin dans la perception intime d'un cur de femme. La Comtesse de L'Heureux Stratagème est sans doute le personnage le plus troublant, le plus vrai, conçu par Marivaux. Sainte-Beuve, ce Cupidon en pantoufles, qui désapprouvait la légèreté, l'aurait détestée, car elle hausse le marivaudage au rang du happening, d'un art insidieux, improvisé et dangereux. La Comtesse gagne, la Marquise perd : à la fin, celle-ci erre, en proie à la désolation, tandis que résonne l'air d'Almirena, Lascia ch'io pianga, du Rinaldo de Haendel. Divine surprise de l'amour déçu et de la désillusion baroque. Bravo Revol ! |
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Frédéric
FERNEY
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| Coup
de coeur LE FIGARO - 27 juin1995 Le spectacle continue de plaire grâce à sa précision, sa justesse, sa clarté, sans jamais céder à une actualisation forcée. Frédéric FERNEY
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Ce
marivaudage est sans pitié LE CANARD ENCHAÎNÉ 12 juillet 1995 Ainsi tourne la pièce pareille à une montre suisse. C'est la quête d'un absolu hors d'atteinte qui apparaît, d'où cette sorte de désespoir sous la politesse que nous fait toucher de façon fort sensible Jean-Luc Revol dans sa mise en scène. Bernard
THOMAS
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