Extrait Vidéo

 

 

 

 
   
 

V I N C E N T   R I V E R

 

avec MARIANNE EPIN et CYRILLE THOUVENIN

de PHILIP RIDLEY

   
 
mise en scène JEAN-LUC REVOL
assisté de VALÉRIE THOUMIRE
   
 
traduction SEBASTIEN CAGNOLI
décors SOPHIE JACOB
lumières PHILIPPE LACOMBE
costumes AURORE POPINEAU
coordination LAURENT COURTIN
   
 
au THÉÂTRE DU MARAIS

 
Une production T.C.F. / THÉÂTRE DU CARAMEL FOU
 
avec le soutien de : MINISTERE DE LA CULTURE
 
DRAC BOURGOGNE - CONSEIL REGIONAL DE BOURGOGNE - VILLE DE NEVERS
   
   
 

LA PRESSE

   
 
   
 

Chronique de Vincent JOSSE  01/11/2005

Un huis clos, oui, plus tragique et plus noir et aussi une histoire de famille qui se passe à Londres. Une femme de 48 ans emménage, très loin de chez elle. Son fils a été assassinné par des voyoux, pourquoi ? Parce qu’il était homosexuel. Parce qu'il se trouvait sur un lieu homosexuel. Le crime homophobe par excellence. Et pour échapper aux medias et à ses collègues malveillantes, elle part. Dans sa fuite, un jeune homme la poursuit, s'invite chez elle, cherche à communiquer. Il et elle vont s’apprivoiser, évoquer le disparu, et parler d'eux, de leur passé, de leur douleur, de leurs fêlures. L'auteur est un anglais joué à Londres et peu connu en France. Philip Ridley. Il tourne aussi des films, son écriture est d’ailleurs assez cinématographique, et écrit aussi des contes pour enfants. Sa pièce n'en est pas un ou alors un conte noir, une fable sur l'injustice et la haine de l'autre, mais surtout sur l'apprentissage. Le jeune homme incarné avec beaucoup de justesse par Cyrille Thouvenin se découvre au contact de la mère de Vincent, Marianne Epin. Ridley et le metteur en scène Jean Luc Revol échappent au tragique et au trash. Les personnages sont vraiment consistants. Outre leur confrontation, il y a, par flash back, des épisodes de leur vie qui remontent, des masques qui tombent, une humanité qui se dévoile vraiment. Revol dirige ses acteurs au cordeau, il le faut, et ils sont bons. On peut presque les toucher, la tension dramatique doit être exceptionnelle. Elle est là, constante, difficile à tenir et à jouer, mais chacun joue son rôle sobrement. Ce n'est pas un spectacle mode ou politiquement correct sur le thème de l'homophobie, pas du tout, la pièce est une belle étude de caractères. C'est un spectacle exigeant et émouvant.

 
 

Une femme dont le fils vient d’être sauvagement assassiné recueille un garçon visiblement à la dérive, rodant aux alentours. Ces deux êtres qui partent en vrille en arrivent à échanger des confidences de plus en plus intimes et embarrassantes. Auteur de pièces de théâtre mais aussi de longs métrages, Philip Ridley a un goût prononcé pour les personnages dont les pulsions destructrices en ont fait des blocs de nerfs. Son univers est remarquablement mis en relief par les deux acteurs choisis par Jean-Luc Revol. Marianne Epin, fréquemment vue à la Comédie-Française, puis dans les spectacles de Gildas Bourdet, a du métier à revendre. D’une jeunesse incisive, Cyrille Thouvenin apparaît comme un parfait représentant d’une génération à la charnière grinçante de l’enfance et de l’âge adulte mais déjà sans avenir.

 
 

 Par Pierre Frau

Un saisissant plaidoyer pour les victimes des crimes homophobes. C’est la vocation même de ce texte de Philip Ridley, brillant dramaturge britannique, également auteurs de romans et de contes pour enfants. " Ce n’est pas un spectacle militant, dans le sens où il ne cherche pas à donner des leçons ", explique Jean-Luc Revol, metteur en scène de cette première adaptation française. " Les faits sont ceux qu’ils sont et l’auteur n’hésite pas à nous jeter la vérité en pleine figure en allant au bout de l’horreur. " Si l’exercice de style est particulièrement convainquant, c’est que Ridley ne se contente pas de dénoncer : il explique de manière implicite, et avec une logique implacable, comment le carcan de nos sociétés judéo-chrétiennes, machistes et misogynes, conduit à de telles atrocités. " Ce texte est très dense ", poursuit Jean-Luc Revol. " Il fait le tour de la question en abordant la découverte de l’homosexualité chez les jeunes gens, la relation aux parents, la façon dont leur éducation les pousse à se construire et à pratiquer leur sexualité dans des lieux sinistres. Ridley ne traite jamais ces thèmes de manière frontale mais en explorant la psychologie de ses personnages au travers de récits de leur passé. " Et qui dit confidences, dit mise en scène intimiste : " Je cherchais un petit lieu pour que les spectateurs aient la sensation d’être avec les personnages ". Un appartement de fortune, où Anita, la mère de Vincent, la victime, s’est terrée pour fuir la haine que lui ont témoignée ses voisins quand les médias ont révélé la sexualité de son fils. Un lieu presque neutre, pour elle comme pour Davey, le mystérieux jeune homme, où la vérité pourra éclater sans fard. Et à Cyrille Thouvenin et Marianne Epin de nous entraîner avec force et conviction dans ce thriller qu’ils portent à bout de bras. " Anita découvre que son fils n’était pas comme elle le pensait ", commente Marianne Epin. " Ce qui est d’autant plus horrible, c’est que son enfant est mort assassiné à cause de son homosexualité. C’est le ciel qui lui tombe sur la tête, accompagné du flot de ce qu’elle pense être ses incompétences. ". Cyrille Thouvenin campe quant à lui un jeune homme rongé par son homosexualité, dont il tire une jouissance honteuse : " Ce n’est pas un personnage manichéen, le gentil pédé face aux méchants homophobes, mais quelqu’un qui va vers la subversion avec des failles profondes".
> Assassinat
Une femme seule dans un appartement de Londres, une nuit d’hiver. De sa fenêtre, elle guette le jeune homme qui la suit depuis que la dépouille de son fils a été retrouvée dans les toilettes d’une gare désaffectée. Elle se décide à aller à sa rencontre car il sait quelque chose, elle en est persuadée. Il lui avoue être celui qui a découvert, par hasard, le corps de son fils, vision qui le hante et dont il ne peut se défaire. Mais n’a-t-il pas sa part d’implication dans ce meurtre ? De cette violente confrontation, où chacun se révélera à pas de loup, surgira la vérité, cruelle.

 
 

G. C.

Lendemain de crime : VINCENT RIVER de Philip Ridley
La rencontre d'une mère et d'un jeune homme. Les vertus d'un certain théâtre anglais.

Une ouvrière a longtemps observé le manège d'un jeune homme qui la suit et tourne autour de son immeuble. Elle finit par le faire entrer. Le jeune homme, encore adolescent, bredouille puis dira la vérité : il a assisté au meurtre du fils de l'ouvrière, tué à coups de tessons de bouteille parce qu'il était homosexuel. Il a vu le crime, a vu le corps lacéré. Il est venu se confier à la mère, pour dire sa vérité et lui conter la force de leur amour. Les faits ont été si violents, les coeurs si blessés que l'échange entre la mère et l'ado sont une succession de crises et d'accalmies.
Un art gradué de la vérité
Les auteurs anglais, semble-t-il, écrivent plus naturellement que leurs confrères français ce type de pièce sans symbolisme, branchée sur un fait divers et un aspect caché de la société. Dans la facture du texte, rien d'inédit mais un art gradué de la vérité humaine, à partir duquel Jean-Luc Revol a pu construire une mise en scène extrêmement tendue dans ses lignes brisées. Mariane Epin incarne la mère dans un parfait équilibre entre la défensive et l'attaque.
Cyrille Thouvenin est une révélation ; de son personnage il tire toutes les nuances d'être brûlé, brûlant, violent, blessé, hâbleur et sincère. Une soirée écorchée vive.

 
 

A.H.

UN DÉRANGEANT face-à-face. Une mère dialogue avec le jeune homme qui la suit depuis des jours. Il est celui qui a trouvé le corps sans vie de son fils dans les toilettes d'une gare désaffectée, rendez-vous des homosexuels du coin... La scène est en Angleterre. Que veut-il, qui est-elle ?
Un décor d'appartement sans grâce, des caisses de carton : une femme vient d'emménager ici, elle rentre d'ailleurs du travail, des sacs de papier dans les bras et range les fournitures qu'elle vient d'acheter, sans donner le moindre signe d'inquiétude. Pourtant, quelque chose la taraude... elle n'a pas fermé la porte. Quelqu'un est là. Quelqu'un va entrer. Elle tutoie le jeune homme qui pénètre, Davey.
Brève pièce. Rencontre ambiguë entre une mère qui a quitté son quartier car les mégères du coin persiflaient trop et ce jeune homme, celui qui a trouvé le corps sans vie et atrocement torturé de Vincent. Vincent River, le fils d'Anita. Avec sa copine Rachel, que faisait-il dans ce lieu désert, cette gare désaffectée devenue un lieu de rendez-vous pour certains homosexuels ? Et que veut Davey ?
La mise en scène de Jean-Luc Revol est sobre, tendue, tenue. Il s'appuie sur la personnalité forte, le grand métier, l'audace de Marianne Epin, avec sa silhouette d'adolescente mais sa maturité d'adulte. Anita, troublée par ce presque enfant qui lui rappelle forcément son fils, ce fils dont elle ne savait pas tout. Scène de douleur car Davey, avec sa fausse candeur, lui raconte tout jusqu'aux détails les plus épouvantables et vient avouer pourquoi Vincent était là ce soir-là... Le jeune Cyrille Thouvenin s'en sort bien. Sa part est difficile, mais, bien dirigé, il ne bascule jamais dans le démonstratif. Un moment fort et profondément dérangeant. Marianne Epin est une très belle interprète.

 
 

Frédéric Ferney
Hebdomadaire d’information du Jeudi 10 Novembre 2005 n° 1730

On connaît encore mal ce jeune Anglais, Philip Ridley, qui semble avoir plusieurs cordes à son arc : peintre de formation, auteur de romans, de nouvelles et de contes pour enfants, il est aussi cinéaste – ses deux films, « The reflecting Skin » et « The Passion of Darkly Noon » sont encore inédits en France. Cette pièce « Vincent river », créée à Londres au Hampstead Theatre en Janvier 2000, nous est présentée dans une mise en scène de Jean-Luc Revol. C’est un huis clos à deux personnages : une mère dont le fils homosexuel vient d’être sauvagement assassiné par des voyous rencontre un jeune homme qui a été témoin de ce crime. On est d’abord un peu réticent devant ce réalisme très assumé, à l’anglaise, qui puise ses thèmes dans une matière sordide, immuablement : la misère, la drogue, l’homosexualité, l’exclusion. Au-delà d’une réalité sociale indéniable, la banlieue n’est-elle pas devenue au théâtre, une utopie à rebours, une convention au même titre que l’antichambre de Racine ou la forêt d’Ardennes chez Shakespeare ? Les héros de la tragédie sont désormais des anonymes, des marginaux, des paumés, comme jadis ils étaient rois ou dieux. Ce n’est jamais léger, les stéréotypes. Et pourtant, malgré ce climat pesant, on est pris par l’acuité, la confrontation psychologique entre les deux comédiens, Marianne Epin et Cyrille Thouvenin, qui défendent leur personnage de toute leur force. On est touché par la performance des acteurs. Ce n’était pas gagné.

 
 

Bernard MONCEL – 20/11/2005

Cette pièce à deux personnages est exceptionnelle, quant au jeu des comédiens. L’histoire ? Vincent River, le fils d’Anita est retrouvé mort atrocement mutilé, dans une gare désaffectée, lieu de rencontres un peu malsaines…Le quotidien d’Anita, livré aux médias et aux remarques persistantes et homophobes, a basculé. Elle a décidé de changer de quartier en déménageant. Seulement, un jeune homme la suit sans arrêt et ce depuis plusieurs jours. Que veux-t-il ? Anita décide de le faire entrer chez elle…Car c’est lui, Davey, et sa petite amie Rachel qui ont découvert le corps. Depuis, Vincent hante Davey. Il vient voir Anita exorciser le fantôme du mort. Mais est-ce là la seule raison de sa présence ? Va s’amorcer alors un ballet cruel entre Anita et Davey…La pièce, signée Philip Ridley, est remarquablement interprétée par Marianne Epin et Cyrille Thouvenin. Leur jeu est criant de vérité. Il s’agit ici d’une confrontation féroce, dure et sans merci, mais dotée d’une intense émotion et d’une perfection, que seuls de grands comédiens possèdent. Cette pièce est un véritable chef d’œuvre qui se laisse regarder sans se soucier du temps qui passe….

 
 

Vincent River, un nom qui sonne comme le titre d’une ballade. Un blues mélancolique au refrain lancinant qui frappe au cœur. Anita River est une petite bonne femme ordinaire que la vie n’a pas gâtée. Elle pénètre dans son nouvel appartement. Elle range ses courses. Des cartons traînent sur la moquette à fleurs. Un canapé au tissu incertain, un lampadaire aveugle constituent le mobilier du nouveau refuge d’Anita. Elle a fui son ancien quartier, lasse de la curiosité malsaine du voisinage. Elle est brisée. Vincent, son fils, est mort assassiné, victime d’un crime homophobe. Pourquoi ? Par qui ? Un jeune homme la suit et l’observe depuis plusieurs jours. Elle l’invite à entrer. Il n’est pas comme les autres, ceux qui jugeaient son Vincent. David est en deuil lui aussi. Il veut savoir qui était Vincent. Anita et David vont découvrir pas à pas, mot à mot, le secret de la mort atroce de Vincent.

Un spectacle puissant

Aller au théâtre est, de nos jours, un acte citoyen, la démarche du spectateur dénotant un engagement : affronter les transports, braver les intempéries, éviter les contraventions, tout cela pour découvrir d’autres univers... Il sera amplement récompensé avec Vincent River qui est l’un des spectacles les plus puissants que nous ayons vus depuis le début de la saison. La symbiose parfaite d’un réseau de talents. L’auteur, Philippe Ridley, inconnu en France, écrit des scénarii, des pièces de théâtre et des contes pour enfants très grinçants. Au vu de l’écriture forte de Vincent River on est impatient de découvrir le reste de son œuvre. Jean-Luc Revol a découvert la pièce dans son courrier. Il a été séduit par l’écriture vive, très actuelle, proche du langage cinématographique. Ce huis-clos est construit comme un thriller psychologique. La confrontation d’Anita et de David, faite de fascination, de crainte et de curiosité permet de dévoiler petit à petit le terrible secret.

Délicatesse et précision

Jean-Luc Revol aime aussi les comédiens. Sa direction d’acteurs, faite de délicatesse et de précision, permet de?e donner le meilleur d’eux-mêmes. Il a confié à la merveilleuse Marianne Epin le rôle d’Anita. Elle a une silhouette fragile mais sa force et son charisme magnétisent tous les rôles qu’elle interprète. D’un regard, d’un souffle, d’un geste ébauché, elle plante son personnage. Si beaucoup de comédiens ont des tics, elle insuffle à chaque composition un air original, un ton, une voix qui sont propres à ses personnages. Anita est ainsi une femme que la vie n’a pas épargnée mais elle s’est battue pour son fils, sa raison sociale, sa raison de vivre. Telle que l’interprète Marianne Epin, Anita est si authentique, si proche de nous que l’on ressent le désir embarrassé de la prendre dans nos bras pour la consoler. Il faut dire que le Théâtre du Marais, par sa petite taille, favorise une intimité, une proximité entre spectateurs et comédiens, accrues par le formidable décor réaliste de Sophie Jacob, précis dans ses moindres accessoires. Cyrille Thouvenin joue le rôle ambigu de David. Sa présence de félin blessé, son regard intense sont inoubliables. Il habite le plateau avec ce plus que l’on remarque immédiatement chez les comédiens qui marquent de façon indélébile leur rôle. Il est la révélation de ce spectacle émouvant, poignant, qui bouleverse les spectateurs comme un maelström. La symbiose parfaite d’un réseau de talents. L’auteur, Philippe Ridley, inconnu en France, écrit des scénarii, des pièces de théâtre et des contes pour enfants très grinçants. Au vu de l’écriture forte de Vincent River on est impatient de découvrir le reste de son œuvre. Jean-Luc Revol a découvert la pièce dans son courrier. Il a été séduit par l’écriture vive, très actuelle, proche du langage cinématographique. Ce huis-clos est construit comme un thriller psychologique. La confrontation d’Anita et de David, faite de fascination, de crainte et de curiosité permet de dévoiler petit à petit le terrible secret. Délicatesse et précision Jean-Luc Revol aime aussi les comédiens. Sa direction d’acteurs, faite de délicatesse et de précision, permet de?

 
 

Scymone Alexandre 27/10/2005

Une femme vient d'emménager dans un décor criant de mauvais goût, mur vert, moquette rouge à fleurs, canapé bon marché recouvert d'un plaid écossais sur lequel vient s'étaler un énorme coussin à fleurs, lui
aussi. Des cartons encore pleins, çà et là ...
Fébrilité de retour de provisions. Imposant frigo qui ne date pas d'hier. La porte d'entrée est restée ouverte et un jeune homme se profile dans l'encadrement de celle ci, le visage tuméfié. Les deux personnages sont visiblement en situation de crise. Impossible de raconter la suite, il faut la découvrir, se laisser porter par elle.
Sachez seulement que celui qui sera fébrilement évoqué (Vince), les unit. Pour cela, ils devront tout d'abord se découvrir, l'un et l'autre, nous faire partager ce qu'ils ont vécu avant cette confrontation douloureuse mais indispensable.
Davy est écorché vif, au moral comme au physique. Cyril Thouvenin investit ce rôle de façon saisissante avec une douloureuse présence tout en consérvant une indéniable fantaisie. II est absolument parfait….
C'est un texte fort qui véhicule un indéniable vécu et dont on ne sort pas indemne.